Charles
Lachaud naît à Treignac (Corrèze) le 25 février
1817 dans une famille de notables : son père est notaire et maire
du bourg, son arrière-grand-père était Conseiller
du Roi, rapporteur de la Cour présidiale de Tulle, et son grand-père
médecin, correspondant de la Société royale de
médecine de Paris.
Par
les femmes, il descend de familles nobles et bourgeoises corréziennes
.
Après
des études de droit à Paris où il obtient sa licence
en 1842, il devient avocat à Tulle où il se fait remarquer
par son intervention au procès de Madame Lafarge, accusée
d'avoir empoisonné son mari et volé des diamants à
une amie. Son intervention pour l'affaire des bijoux lui assure la notoriété.
Il
tente alors sa chance à Paris et s'inscrit au barreau en 1844
où il se taille une renommée assez rapidement.
Il
plaide de nombreuses affaires dont certaines restées célèbres,
telle celle de la trahison supposée de Bazaine, l'affaire Marie
Bière ou l'affaire Troppmann. Son succès tient à
la qualité de ses interventions et à son don d'éloquence.
"
Lachaud était (
) le parfait orateur. Voyez-le à
la barre. Il se lève. D'un geste large, il semble écarter
l'accusation. Il laisse tomber quelques phrases et son auditoire est
conquis. Bientôt son inspiration l'emporte, il est trop à
l'étroit au banc de la défense, il s'avance au milieu
de l'enceinte, et là, puissant athlète descendu dans
l'arène, il saisit un à un les arguments de son adversaire,
les choque, les broie et les anéantit dans un suprême
effort. " .
Son
petit-fils, Marc Sangnier (1873-1950), célèbre à
un autre titre, en tant que fondateur, à la fin du siècle
dernier, du mouvement catholique social du Sillon, a d'ailleurs hérité
de ce don.